

Nous avons choisi de porter nos voix dans la littérature et de contribuer à la promotion des ouvrages, car nous sommes convaincus d’une réalité essentielle : si le livre est négligé aujourd’hui, le lendemain de nos enfants risque d’être privé de repères.
Une société qui abandonne la lecture s’expose à perdre une partie de sa mémoire, de son identité et de sa capacité à réfléchir sur elle-même.
Le livre demeure un espace de transmission, un lieu où les générations se rencontrent et où les expériences humaines sont conservées.
C’est pourquoi nous, auteurs, écrivains, éditeurs, acteurs et activistes littéraires, avons une responsabilité particulière.
Nous sommes des pionniers de notre époque, des témoins de notre génération et des acteurs qui participent à l’écriture de l’histoire de notre temps.
Nous n’écrivons pas uniquement pour être lus aujourd’hui. Nous écrivons pour ceux qui viendront après nous.
Les générations futures auront besoin de découvrir nos œuvres, nos réflexions, nos combats et nos réalisations afin de comprendre le chemin parcouru par leurs prédécesseurs.
Dans cette dynamique, les rencontres littéraires deviennent des espaces essentiels de partage, de découverte et de dialogue.
Elles permettent aux œuvres de sortir des pages pour rencontrer les lecteurs et aux auteurs de confronter leurs visions.
C’est dans cet esprit qu’a eu lieu cette rencontre d’échange autour de deux œuvres portées par Pascal Ashuza et Gladis Ntanga.
Deux auteurs, deux univers, deux sensibilités, mais une même ambition : faire vivre la littérature et mettre en lumière des histoires qui méritent d’être transmises.
L’Invité au Goncourt de Pascal Ashuza, publié aux Éditions Les Lettres mouchetées, et Chemin des cendres de Gladis Ntanga, publié aux Éditions Étoiles Filantes, sont deux œuvres riches par leur matière, leur intrigue et surtout par leur profondeur culturelle.
À travers L’Invité au Goncourt, Pascal Ashuza propose un récit où les histoires et les énigmes puisent leur essence dans les réalités culturelles de l’Est de la République démocratique du Congo.
Son écriture porte les traces d’un territoire, de ses mémoires, de ses traditions et de ses questionnements.
Comme tout auteur profondément attaché à son environnement, il réussit à rapprocher de cette histoire ceux qui en sont éloignés.
Par les mots, les récits, les événements et les moments importants qu’il met en scène, il donne au lecteur l’occasion de découvrir une culture, une mémoire et des réalités qui méritent d’être connues.
Son œuvre rappelle que la littérature possède cette force unique : rapprocher les peuples, créer des ponts entre les territoires et transformer les expériences humaines en héritage commun.
De son côté, Chemin des cendres de Gladis Ntanga s’inscrit également dans cette volonté de raconter, d’interroger et de transmettre.
À travers son univers romanesque, l’auteure invite le lecteur à explorer des réalités humaines profondes, où se croisent les émotions, les parcours de vie et les réflexions sur notre société.
Ces deux œuvres démontrent que le livre n’est pas seulement un objet culturel. Il est une mémoire, une voix et un héritage.
À une époque marquée par l’accélération des contenus numériques, la multiplication des fichiers électroniques et l’arrivée des intelligences artificielles, notre responsabilité devient encore plus grande.
Il ne suffit plus de produire des textes ; il faut produire des œuvres porteuses de sens, capables de résister au temps.
La facilité de création ne doit pas remplacer l’exigence. Notre époque a besoin de qualité, d’authenticité et de profondeur.
Car la lecture peut transformer positivement une vie, former une conscience et ouvrir des horizons ; mais elle peut aussi devenir dangereuse lorsqu’elle diffuse des idées sans responsabilité.
Celui qui écrit porte donc une charge. Une charge qui n’est pas toujours visible, mais qui est bien réelle.
L’auteur ne transmet pas seulement des phrases ; il transmet des idées, des valeurs et une vision qui peuvent influencer des générations.
C’est pourquoi nous devons continuer à écrire, à publier et à défendre le livre.
Nous avons un héritage à préserver.
Nous sommes à l’heure de l’exigence. Le véritable défi de notre époque n’est pas seulement de publier davantage, mais de publier mieux.
Nous devons travailler pour garantir la qualité des textes, car les générations futures auront besoin de voir les œuvres, les efforts et les prouesses de leurs prédécesseurs avant de construire leur propre chemin.
Nous écrivons et publlions pour que les générations futures puissent apprendre, comprendre et continuer à bâtir.


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